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« Connaître et respecter sa structure anatomique est le premier pas vers un entraînement à la souplesse intelligent, durable et sans blessures. »
Être souple ne se réduit pas à pouvoir toucher ses orteils ou réaliser de grands écarts spectaculaires.
Être souple ne se réduit pas à pouvoir toucher ses orteils ou réaliser de grands écarts spectaculaires. C’est un état de disponibilité du corps et de l’esprit qui se traduit par :
1.Une aisance de mouvement
- Les articulations disposent d’une amplitude harmonieuse ; les muscles et les fascias offrent suffisamment d’élasticité pour bouger sans blocage majeur.
- Cette aisance facilite les gestes du quotidien (se pencher, ramasser un objet, etc.) et rend la pratique sportive ou artistique plus fluide.
2.Un équilibre entre force et mobilité
- Une souplesse « saine » s’accompagne d’un minimum de tonicité pour stabiliser les articulations et prévenir les blessures.
- Être « trop » souple sans force (ou inversement) peut créer des déséquilibres ou des risques de blessure.
3.Une meilleure capacité d’adaptation
- Sur le plan postural, la souplesse permet d’absorber les contraintes (impacts, changements d’appui) plus efficacement.
- Au niveau mental, la pratique pour gagner en souplesse apprend souvent la patience, la régularité et l’écoute de soi.
4.Une plus grande fluidité dans le quotidien
- En bougeant plus librement, on ressent moins de raideurs et de crispations, notamment liées au stress ou à la sédentarité.
- Cela peut influencer l’humeur, la perception de son corps et même la confiance en soi.
1. L’idée reçue : « C’est uniquement un manque de souplesse musculaire »
Beaucoup de personnes pensent qu’être “raide” ou ne pas atteindre une certaine posture (par exemple en yoga, en danse ou en gymnastique) n’est dû qu’au manque de souplesse musculaire. Pourtant, la mobilité articulaire ne dépend pas que de l’élasticité des muscles :
- Facteurs osseux : la forme et l’orientation des os, la profondeur des cavités articulaires (ex. l’acétabulum pour la hanche) et l’épaisseur osseuse.
- Cartilage et ligaments : l’état du cartilage articulaire, la longueur et la résistance des ligaments.
- Tensions myofasciales : muscles, fascias et tissus conjonctifs peuvent freiner ou au contraire favoriser l’amplitude de mouvement.
- Facteurs nerveux : le système nerveux central et périphérique (réflexes d’étirement, proprioception, tonus postural) joue un rôle majeur.
- Morphologie individuelle : des variantes anatomiques rendent certaines postures accessibles à certains alors qu’elles ne le seront jamais pour d’autres.
Il est donc essentiel d’insister sur la diversité morphologique et de démystifier l’idée selon laquelle “il suffit de s’étirer” pour arriver à faire telle ou telle figure.
2. Les freins anatomiques et physiologiques
2.1 Freins osseux
- Forme des surfaces articulaires : par exemple, certains acetabulum (cavité de la hanche) sont plus profonds ou plus orientés vers l’avant ou le bas que d’autres, limitant naturellement l’amplitude.
- Angle du col fémoral (antéversion ou rétroversion) : il peut accroître ou limiter l’ouverture de hanche.
- Conflits osseux : dans certaines postures (ou figures), un contact précoce entre deux segments osseux peut empêcher d’aller plus loin (ex. conflit fémoro-acétabulaire).
Ces différences expliquent qu’une même posture sera anatomiquement plus ou moins accessible selon chacun.
2.2 Freins ligamentaires et capsulaires
- Ligaments : ils stabilisent les articulations, et leur élasticité varie grandement d’une personne à l’autre. Ils ne doivent pas être trop lâches (risque d’hyperlaxité), ni trop rigides.
- Capsule articulaire : cette membrane qui enveloppe l’articulation peut se rétracter et diminuer l’amplitude.
2.3 Freins musculaires et fasciaux
- Tension musculaire : certains muscles (ischio-jambiers, psoas, quadriceps, etc.) peuvent être « hypertonique » (trop tendus).
- Fascias : ils enveloppent muscles et organes, et leur qualité (hydratation, élasticité, adhérences) peut limiter ou faciliter le mouvement.
- Chaînes myofasciales : Les tensions dans une zone (par exemple le dos) peuvent se répercuter sur d’autres régions (par exemple la jambe ou la hanche) via ces chaînes (cf. “Anatomy Trains” de Thomas Myers).
2.4 Freins neuro-musculaires
- Réflexe d’étirement : quand un muscle s’étire trop vite ou trop fort, les fuseaux neuromusculaires déclenchent un réflexe de contraction de protection.
- Tonus postural : le corps maintient un certain tonus pour se tenir debout, qui peut être trop élevé chez certains individus (stress, posture inadaptée, etc.).
- Golgi Tendon Organs (GTO) : situés dans les tendons, ils détectent les tensions importantes et peuvent relâcher le muscle en réaction. Les méthodes comme le PNF (Proprioceptive Neuromuscular Facilitation) s’appuient sur ce principe.
3. Différence entre “souplesse” et “mobilité”
- Souplesse (flexibility) : souvent associée à la capacité d’étirer un muscle ou un groupe musculaire en passif (ex. se pencher en avant pour toucher ses orteils).
- Mobilité (mobility) : c’est la capacité à contrôler et exécuter activement un mouvement avec une amplitude donnée (ex. lever la jambe en contrôlant l’élévation).
En clair, on peut être « souple » passivement (se faire pousser la jambe très haut) sans être « mobile » (incapacité à monter la jambe soi-même). Or, c’est la mobilité active qui importe le plus pour la plupart des disciplines (danse, yoga, sports).
Références (pour aller plus loin)
1.Kaminoff, L. & Matthews, A. (2012). Yoga Anatomy (2nd edition).
Human Kinetics.
Très utile pour visualiser les impacts des postures sur les différentes structures anatomiques.
2.Myers, T. (2013). Anatomy Trains (3rd edition).
Churchill Livingstone/Elsevier.
Met en évidence l’importance du réseau fascial et des chaînes myofasciales.
3.Walker, B. (2007). The Anatomy of Stretching.
Lotus Publishing.
Propose une analyse détaillée des étirements par groupe musculaire.
4.Frederic Delavier. (2010). Guide des mouvements de musculation.
Vigot.
Bien qu’orienté musculation, contient de bonnes planches anatomiques pour comprendre les amplitudes.
5.Site Web : ExRx.net
Présente une base de données d’exercices, ainsi que des explications anatomiques et biomécaniques
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