Le mouvement s’est accéléré après la crise sanitaire, lorsque la sédentarité est devenue un enjeu majeur de santé publique et que l’entreprise a été identifiée comme un lieu stratégique pour agir.
Aujourd’hui, plus d’une entreprise sur deux déclare avoir mis en place, ou vouloir mettre en place, une offre d’activité physique pour ses collaborateurs (baromètre Ugsel/OpinionWay, 2021). L’État lui-même soutient cette dynamique, à travers le Plan Sport Santé ou encore le label « Entreprise active – sport et bien-être », qui valorise les initiatives favorisant la pratique.
L’intention est louable : le sport est présenté comme un levier de santé publique et de performance économique. Mais derrière ce consensus, une question essentielle demeure : quelle pratique propose-t-on réellement, et à quelles conditions ? Car encourager ne suffit pas — il faut aussi préparer, accompagner et sécuriser.
Cette même étude estime une augmentation de rentabilité nette pour les entreprises entre 4 et 14 % selon le niveau d’engagement de l’entreprise (intensité d’offre, moyens mis en place).
Le taux d’absentéisme peut baisser fortement : plusieurs sources parlent d’une réduction autour de 30 à 40 %quand l’entreprise met en place une offre APS sérieuse.
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent la première maladie professionnelle reconnue en France.
Sur la population active, plus de 50-60 % des salarié·es déclarent au moins une douleur liée aux TMS du dos ou des membres supérieurs au cours des 12 derniers mois.
Si la pratique du sport est mal pensée, elle comporte des dangers, des coûts pour l’entreprise, voire des effets contraires aux intentions initiales :
Blessures / accidents
Organiser une activité physique sans évaluation préalable peut entraîner des accidents, que ce soit des entorses, des déchirures musculaires, des lombalgies, etc. Lorsqu’une activité est organisée par l’entreprise, une blessure peut être requalifiée d’accident du travail, ce qui engage la responsabilité de l’entreprise.
TMS aggravés ou nouveaux
Bien que le sport soit souvent présenté comme remède aux troubles musculo-squelettiques, l’INRS rappelle qu’« il ne suffit pas de proposer des exercices individuels ou étirements pour prévenir les TMS », surtout si les postes de travail ou les modes d’organisation ne sont pas adaptés.
Les TMS coûtent cher : par exemple, seulement pour les TMS des membres supérieurs et inférieurs reconnus au titre du tableau 57 du régime général, il y a plus de 11 millions de journées de travail perdues en 2021, et environ 1 milliard d’euros de frais supportés par les cotisations des entreprises.
Effet pervers de la performance
Si l’entreprise attend des “résultats” (productivité, réduction des coûts) sans aligner les moyens ou prendre en compte la diversité des corps, des niveaux, des contraintes, cela peut créer du stress, de la culpabilité chez ceux qui ne peuvent suivre, ou pire, des blessures par “forçage”.
Coûts financiers directs
Indemnités, arrêt de travail, frais de soins, et perte de productivité liés à une absence (et parfois remplacement) — ces coûts peuvent vite dépasser les économies espérées si l’initiative n’est pas bien calibrée.
Voici ce qui permet d’éviter que le sport devienne une source de problème, et au contraire le transforme en un avantage durable :
Diagnostic préalable
Évaluer les capacités physiques, les antécédents, les pathologies déjà présentes (TMS, lombalgies, etc.). Identifier les postures, les gestes, les contraintes du poste de travail.
Progressivité et adaptation
Commencer en douceur, proposer des activités variées adaptées à différents profils. Ne pas imposer la compétition ou la performance. Mettre l’accent sur la mobilité, l’équilibre postural, la conscience corporelle.
Encadrement professionnel
Coach, kinésithérapeute, ou intervenant qualifié pour guider, corriger la posture, adapter les exercices. Ceci diminue le risque de blessure.
Prévention collective & ergonomie
Ne pas se reposer seulement sur des séances de sport : revoir la conception des postes de travail, l’organisation, les temps de pause, la posture, etc. L’INRS insiste sur le fait que les interventions individuelles (comme des étirements) ne suffisent pas si les environnements restent problématiques.
Suivi & ajustement
Mettre en place des indicateurs (absentéisme, retours de douleur, satisfaction, productivité) pour ajuster le programme. Si une activité ou un rythme provoque des problèmes, corriger.
Le sport en entreprise n’est pas une mauvaise idée, loin de là. Mais ce n’est pas automatiquement un gain. S’il est mal préparé, mal adapté ou instrumentalisé, il peut coûter — en dépenses, en image, en santé des salariés.
Ces événementiels peuvent se tenir à l’occasion d’une semaine de la qualité de vie de travail, d’une journée bien-être en entreprise ou lors de la préparation d’un team-building. Un moyen efficace de renforcer la place des collaborateurs au sein de l’organisation, mais aussi de sensibiliser, d’échanger et de partager autour de vos accords de QVT ainsi que de communiquer sur les valeurs de votre entreprise.
des objectifs mondiaux de développements durable fixés pour 2030 sont liés aux mesures visant à promouvoir l’activité physique.
des adultes ont actuellement un niveau d’activité physique inférieur à celui recommandé par l’OMS.
maisons sport santé déployées sur l’ensemble du territoire pour encourager la pratique d’une activité physique et sportive à tous les âges de la vie et de manière régulière.
Les Mécaniques Corporelles vous accompagnent dans l’élaboration de projet et de programme dans le domaine de l’activité physique en conscience.